Trois à cinq jours de marche dans les Hautes Terres islandaises, des montagnes de rhyolite colorées, des champs de lave noire et des rivières à traverser à pied : un trek à Landmannalaugar demande un peu plus de préparation qu’une randonnée classique. Je présente ici l’itinéraire de référence, les variantes possibles, la meilleure période, l’accès depuis Reykjavík, le matériel indispensable, les refuges, le budget et les précautions qui font réellement la différence.
Les repères essentiels pour préparer cette traversée islandaise
- Itinéraire principal : le Laugavegur relie Landmannalaugar à Þórsmörk sur environ 54 à 55 km.
- Durée réaliste : 4 jours pour les marcheurs entraînés, plutôt 5 jours avec une étape plus confortable.
- Saison : la période la plus fiable va généralement de fin juin à début septembre, selon la neige et l’ouverture des pistes.
- Difficulté : modérée à exigeante à cause du vent, du froid, du terrain volcanique, du brouillard et des gués.
- Hébergement : réservation indispensable en refuge ou au camping, avec un tarif 2026 de 17 000 ISK par nuit en refuge et 3 400 ISK par adulte au camping.
- Priorité sécurité : vérifier chaque jour la météo, l’état des routes et le niveau des rivières avant de partir.

Pourquoi ce trek attire autant les randonneurs
Landmannalaugar se trouve dans la réserve naturelle de Fjallabak, au cœur de l’Islande intérieure. Le secteur est connu pour ses montagnes de rhyolite aux teintes jaunes, rouges et vertes, ses coulées de lave et ses zones géothermiques. Le paysage change parfois en moins d’une heure de marche, ce qui donne à la traversée une richesse rare sur une distance finalement raisonnable.
L’itinéraire le plus célèbre est le Laugavegur, entre Landmannalaugar et Þórsmörk. On y passe de hauts plateaux minéraux à des vallées verdoyantes, puis à des étendues de sable noir et à des reliefs boisés. C’est cette succession de décors, davantage que la performance physique, qui explique son succès.
Je considère toutefois que la réputation de la randonnée peut tromper. Le sentier est balisé et très fréquenté en été, mais il traverse un environnement isolé où le vent, le brouillard et la pluie peuvent transformer rapidement une étape facile en journée éprouvante. Il ne faut donc pas la traiter comme une simple promenade touristique.
À qui s’adresse l’itinéraire
Un randonneur habitué aux étapes de 12 à 18 km avec un sac chargé peut généralement envisager le parcours. L’absence de difficulté technique majeure ne signifie pas que le trek convient à tout le monde : le terrain est irrégulier, les dénivelés se répètent et les conditions météorologiques sont imprévisibles.
Pour une première expérience de randonnée itinérante en milieu nordique, je recommande de choisir une version en 5 jours, de dormir en refuge si le budget le permet et de conserver une journée tampon. Cette marge est particulièrement utile lorsque la neige persiste entre Landmannalaugar et Álftavatn.
Quel itinéraire choisir entre Landmannalaugar et Þórsmörk
La traversée classique mesure environ 54 à 55 km. Le dénivelé positif total reste modéré, autour de 500 m selon les données de l’itinéraire, mais la difficulté vient surtout du sol volcanique, des passages boueux, des gués et de l’exposition au mauvais temps.| Étape | Distance indicative | Temps de marche | Ce qui mérite l’attention |
|---|---|---|---|
| Landmannalaugar - Hrafntinnusker | 12 km | 4 à 5 h | Montée, neige possible, brouillard fréquent |
| Hrafntinnusker - Álftavatn | 12 km | 4 à 5 h | Terrain découpé et descente parfois glissante |
| Álftavatn - Emstrur ou Hvanngil | 16 à 18 km | 6 à 8 h | Gués, vent et grands espaces peu abrités |
| Emstrur - Þórsmörk | 15 km | 6 à 7 h | Sables noirs, rivière Þröngá et longue étape finale |
Cette répartition correspond à la version sportive en 4 jours. Une organisation plus souple consiste à dormir à Hvanngil au lieu de poursuivre jusqu’à Emstrur, ou à passer une nuit supplémentaire à Landmannalaugar pour effectuer une randonnée à la journée.
Les variantes à découvrir au départ
Le circuit du champ de lave de Laugahraun fait environ 4,8 km et demande approximativement 1 h 30 à 2 h. C’est une excellente mise en jambes, avec un aperçu très concentré des formations volcaniques de la région.
La montée au Bláhnúkur offre un panorama remarquable, mais elle est plus raide et peut prendre près de 4 heures selon le parcours. Je la réserverais à une journée stable, sans brouillard, car l’intérêt de cette ascension dépend largement de la visibilité.
Pour une sortie plus longue, le lac de cratère de Ljótipollur représente une boucle d’environ 13 km. Ces variantes sont intéressantes pour les voyageurs qui veulent profiter de Landmannalaugar sans enchaîner immédiatement les quatre étapes du Laugavegur.
Quand partir et comment rejoindre le départ
La saison de randonnée s’étend en général de fin juin à début septembre. Les dates exactes changent chaque année en fonction de la neige, du gel, de l’état des pistes et de l’ouverture des refuges. Même en juillet, il peut rester des névés et neiger sur les secteurs les plus élevés.
Pour 2026, les informations de l’association Ferðafélag Íslands indiquent que l’accès routier et la progression sur le sentier restent soumis aux conditions locales. Une ouverture théorique autour du 25 juin au 15 septembre donne un bon ordre de grandeur, mais ne remplace jamais la vérification des conditions quelques jours avant le départ.
Venir depuis Reykjavík
En été, des compagnies de bus desservent Landmannalaugar depuis Reykjavík. Les horaires sont saisonniers et doivent être réservés à l’avance, surtout si vous prévoyez de repartir de Þórsmörk à une date précise. Le trajet en bus simplifie nettement la logistique d’un itinéraire linéaire.
La voiture de location est possible uniquement avec un véhicule 4x4 autorisé par le loueur à circuler sur les pistes F. Un SUV ordinaire n’est pas automatiquement adapté aux passages à gué. Les pistes F208 et F225 peuvent être fermées, détrempées ou dangereuses, et les assurances des loueurs excluent souvent les dommages liés à une mauvaise utilisation.
En été 2026, les visiteurs arrivant en voiture entre 9 h et 16 h doivent prévoir une réservation de stationnement et des frais de service à Landmannalaugar. Les modalités pouvant évoluer, je conseille de contrôler cette formalité juste avant le voyage, au même titre que l’état des routes.
Quel équipement emporter pour marcher en autonomie
Le climat islandais impose de raisonner en système de protection, et non en tenue unique. Il faut pouvoir marcher sous la pluie, supporter un vent froid et gérer une éclaircie sans finir trempé de sueur.
- Veste et pantalon réellement imperméables, avec une capuche efficace.
- Couche chaude en laine ou en matière synthétique, plus une doudoune légère pour les pauses.
- Chaussures de randonnée montantes, déjà utilisées et adaptées aux terrains humides.
- Deux paires de chaussettes de rechange conservées dans un sac étanche.
- Bâtons de marche, particulièrement utiles dans les descentes boueuses et les traversées de rivières.
- Sac à dos de 40 à 60 litres selon le choix entre refuge et bivouac.
- Sac de couchage chaud, matelas et tente quatre saisons pour le camping.
- Carte papier, trace GPS hors ligne, batterie externe et lampe frontale.
- Réchaud et combustible si vous campez, car les campeurs ne peuvent pas utiliser la cuisine des refuges.
Je protège toujours les vêtements et l’électronique dans des sacs étanches à l’intérieur du sac. Cette précaution paraît excessive avant le départ, mais une seule averse poussée par le vent suffit à détremper un sac mal organisé.
Lire aussi : Randonnée à Landmannalaugar - itinéraires et conseils utiles
Les rivières ne sont pas un détail
Au moins trois rivières doivent être franchies à gué sur le parcours, même si certains passages disposent d’une passerelle. Après de fortes pluies ou pendant la fonte des neiges, le débit peut augmenter rapidement.
Avant de traverser, prenez le temps d’observer plusieurs mètres de rivière et choisissez l’endroit le plus large, généralement moins profond. Desserrez la ceinture ventrale du sac, utilisez les bâtons, avancez face au courant et ne vous engagez jamais sur un pont de neige. Des sandales solides ou des chaussures d’eau peuvent éviter de marcher pieds nus sur un fond irrégulier.
La règle la plus importante est simple : une rivière dangereuse doit se contourner ou se remettre à plus tard. Si le niveau monte, attendez les conseils du gardien de refuge ou renoncez à l’étape. Un itinéraire réussi ne se mesure pas au fait d’avoir forcé le passage.
Refuge ou camping et quel budget prévoir
Les refuges de la FÍ sont des dortoirs simples, avec sanitaires partagés et cuisine équipée dans les principaux sites. Ils ne fournissent pas un service hôtelier : il faut généralement apporter ses repas, son sac de couchage et parfois des produits de première nécessité.
Les places sont limitées et partent vite pendant la haute saison. En 2026, le tarif indicatif d’une nuit en refuge sur le Laugavegur est de 17 000 ISK. Les forfaits de 4 nuits sont affichés autour de 68 000 ISK et ceux de 5 nuits autour de 85 000 ISK.
Le camping coûte environ 3 400 ISK par adulte et par nuit. À Landmannalaugar, les campeurs disposent de sanitaires et d’eau, mais doivent emporter leur tente, leur matériel de cuisine et leur combustible. Une douche peut être facturée séparément, autour de 1 100 ISK selon le site et la grille en vigueur.
| Poste | Ordre de grandeur 2026 | À prévoir en plus |
|---|---|---|
| Refuge | 17 000 ISK par nuit | Sac de couchage, repas, transport |
| Camping | 3 400 ISK par adulte et par nuit | Tente, matelas, réchaud, combustible |
| Forfait refuges 4 nuits | Environ 68 000 ISK | Bus, nourriture et éventuelles nuits supplémentaires |
| Forfait refuges 5 nuits | Environ 85 000 ISK | Même frais annexes |
Le camping réduit le prix de l’hébergement, mais pas forcément le poids ni la fatigue. Pour une personne peu habituée au vent islandais, le refuge peut être un investissement de sécurité et de récupération, surtout si le sac de couchage ou la tente ne sont pas adaptés aux conditions.
Les erreurs qui compliquent inutilement la traversée
La première erreur consiste à fixer un programme rigide sans journée de réserve. Une piste fermée, une rivière gonflée ou une visibilité nulle peuvent imposer de rester sur place. Je préfère prévoir une marge et accepter de perdre une journée plutôt que de transformer une randonnée en problème de secours.
La deuxième est de sous-estimer Hrafntinnusker. Ce secteur se situe à haute altitude, avec des névés persistants, des rochers coupants et un brouillard qui efface rapidement les repères. Le balisage aide, mais il ne dispense pas d’une navigation autonome.
Il est également déconseillé de partir avec trop peu de nourriture. Les refuges peuvent vendre quelques snacks, des repas déshydratés ou du gaz, mais l’approvisionnement reste limité et il n’y a pas de ravitaillement régulier comme sur un sentier alpin aménagé.
Enfin, rester sur le sentier n’est pas une simple consigne esthétique. La mousse et la végétation des Hautes Terres sont extrêmement fragiles. Le camping est autorisé uniquement sur les emplacements désignés, les déchets doivent être emportés et aucun savon ne doit être utilisé dans la source chaude naturelle.
La bonne préparation tient en quelques vérifications
Deux ou trois jours avant le départ, je vérifierais simultanément la météo, l’ouverture des pistes, l’état du sentier et les réservations. Le site Safetravel fournit les conseils de sécurité, tandis que les gardiens des refuges disposent souvent des informations les plus récentes sur les gués et la neige.Sur place, demandez un avis avant chaque étape lorsque les conditions sont douteuses. Le réseau téléphonique est irrégulier et le Wi-Fi n’est pas disponible dans les refuges. Pour un groupe isolé, une balise de communication par satellite apporte une marge appréciable, sans remplacer le 112 en cas d’urgence.
Landmannalaugar récompense les marcheurs capables de rester souples. En acceptant de modifier l’étape, de patienter devant une rivière ou de choisir une boucle plus courte, on profite davantage des couleurs et du silence de Fjallabak, tout en gardant la randonnée dans son bon rôle : une aventure exigeante, mais maîtrisée.