Une randonnée à Landmannalaugar se prépare comme une véritable sortie de montagne, pas comme une simple promenade touristique. Entre les montagnes de rhyolite colorées, les champs de lave, les sources chaudes et les pistes isolées des hautes terres islandaises, je vous aide à choisir un itinéraire adapté, à organiser l’accès et à éviter les erreurs qui peuvent transformer une belle journée en situation compliquée.
Les repères essentiels pour réussir sa randonnée à Landmannalaugar
- La meilleure période s’étend généralement de fin juin à début septembre, selon l’ouverture des pistes.
- Le circuit de Laugahraun, environ 5 km et 2 heures, convient à une première découverte.
- Bláhnúkur et Skallahringur demandent une bonne condition physique et une météo stable.
- La route F208 puis F224 comporte deux gués avant l’arrivée au site.
- Le vent, le froid et le brouillard restent les principaux risques, même en plein été.

Pourquoi Landmannalaugar mérite une vraie journée de marche
Landmannalaugar se trouve dans la réserve naturelle de Fjallabak, au cœur des hautes terres du sud de l’Islande. Le paysage change constamment sur quelques kilomètres seulement, avec des crêtes de rhyolite, des coulées de lave noire, des cendres volcaniques et des zones géothermiques. Cette diversité est la grande force du secteur et explique pourquoi les randonnées courtes y sont déjà très spectaculaires.
Le terrain n’est pas forcément technique, mais il est rarement parfaitement confortable. On marche sur de la lave irrégulière, des sentiers caillouteux, du sable volcanique et parfois des portions humides. De mon point de vue, la difficulté est souvent moins liée au dénivelé qu’à la combinaison du vent, de la visibilité et de l’état du sol.
La source chaude naturelle située près du refuge peut compléter la journée. Elle offre un moment agréable après la marche, mais je déconseille d’en faire l’objectif principal. Lorsque la météo se dégrade, il vaut mieux réduire l’itinéraire et conserver du temps pour revenir tranquillement au point de départ.
Les itinéraires les plus intéressants selon votre niveau
Les distances peuvent légèrement varier selon les variantes suivies et le point exact de départ. Le tableau ci-dessous donne des repères réalistes pour préparer une journée, mais il ne remplace pas la carte locale ni les informations données par les gardiens et les rangers.
| Itinéraire | Distance et durée | Difficulté | Ce qui le distingue |
|---|---|---|---|
| Laugahraun | Environ 5 km, 2 h | Facile | Champ de lave et premières vues sur les montagnes colorées |
| Brennisteinsalda | Environ 3,5 km en extension, 1 h | Modérée | Sommet volcanique aux teintes jaunes, rouges et noires |
| Bláhnúkur | Environ 10 km, 3 à 4 h | Difficile | Panorama remarquable, pente raide par endroits |
| Ljótipollur | Environ 13 km, 5 à 6 h | Modérée à soutenue | Grand cratère volcanique et lac bleu profond |
| Skallahringur | 15 à 15,5 km, 6 à 8 h | Difficile | Itinéraire complet avec crêtes, lave et vues sur Jökulgil |
Pour une première découverte
Le circuit de Laugahraun est le choix le plus équilibré. Il permet de voir l’essentiel sans imposer une longue journée, et il reste assez facile à raccourcir si le brouillard arrive. J’aime le conseiller aux randonneurs qui découvrent les hautes terres islandaises ou qui voyagent avec des enfants déjà habitués à marcher.
Vous pouvez lui ajouter l’ascension de Brennisteinsalda si le terrain est sec et si la visibilité est bonne. Les couleurs sont magnifiques, mais la pente et les cendres rendent la montée plus fatigante qu’elle ne le paraît depuis le bas.
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Pour une journée plus sportive
Bláhnúkur demande davantage d’attention. La montée est raide sur certains passages et le sommet devient peu agréable par vent fort. Je préfère renoncer à la dernière partie plutôt que de transformer une sortie panoramique en lutte contre les éléments.
Les itinéraires vers Ljótipollur ou Skallahringur conviennent aux marcheurs capables d’enchaîner 5 à 8 heures sur un terrain irrégulier. Il faut emporter suffisamment d’eau et de nourriture, car la longueur de la sortie limite les possibilités de retour rapide.
Accéder au site sans sous-estimer les hautes terres
L’accès routier passe habituellement par la piste F208, puis par la F224 sur les derniers kilomètres. Cette dernière section mesure environ 2,5 km et comprend deux passages à gué avant le secteur principal. Un véhicule à quatre roues motrices est indispensable, mais le simple fait d’avoir quatre roues motrices ne rend pas tous les véhicules adaptés à ces pistes.
Les conducteurs peu expérimentés ou ceux qui disposent d’un petit SUV peuvent utiliser le parking P1, avant les gués, puis rejoindre le site par une passerelle piétonne. C’est une solution raisonnable. Traverser une rivière pour gagner quelques minutes ne justifie jamais de risquer un véhicule, surtout lorsque le courant ou la profondeur ont changé.
En 2026, les véhicules privés doivent réserver leur stationnement entre 9 h et 16 h du 20 juin au 13 septembre. La réservation n’est pas demandée avant 9 h ou après 16 h, mais des frais de service s’appliquent à tous les véhicules. À titre indicatif, le tarif annoncé est de 1 500 ISK pour une voiture jusqu’à cinq places, 2 450 ISK pour six à neuf places et 750 ISK pour une moto.
Les pistes des hautes terres sont généralement fermées une partie de l’année, souvent de la mi-septembre jusqu’en juin ou juillet. La date d’ouverture dépend de la neige, du dégel et de l’état des gués. Je vérifie toujours l’état des routes le jour du départ, car une piste ouverte la veille peut devenir impraticable après une évolution rapide de la météo.
Quel équipement prévoir pour marcher en Islande
Le climat de Landmannalaugar peut changer en quelques minutes. Même pour deux heures de marche, je prends une veste et un pantalon imperméables, une couche chaude, un bonnet, des gants fins et des vêtements de rechange protégés dans le sac. Le soleil visible au départ ne garantit absolument rien pour l’après-midi.
Des chaussures de randonnée à semelle rigide sont plus utiles que des chaussures simplement légères. Elles protègent mieux sur la lave et donnent davantage de stabilité dans les descentes de cendres. Les bâtons peuvent aussi réduire la fatigue, notamment sur les longues portions de terrain meuble.
- Carte papier ou carte hors ligne déjà téléchargée
- Téléphone chargé et batterie externe
- Eau et repas adaptés à la durée prévue
- Lunettes de soleil, crème solaire et protection contre le vent
- Petite trousse de premiers secours
- Balise personnelle de détresse pour une sortie longue ou isolée
Je recommande de ne pas compter uniquement sur le réseau mobile. Dans les hautes terres, la couverture peut disparaître au moment où l’on en a besoin. Laissez votre itinéraire et votre heure prévue de retour à une personne fiable, puis signalez tout changement de programme.
Les règles de sécurité qui font réellement la différence
Le brouillard est probablement le risque le plus sous-estimé. Les reliefs colorés donnent une impression de facilité, mais la visibilité peut chuter très vite et rendre les embranchements difficiles à reconnaître. Dans ce cas, je ralentis, je vérifie régulièrement la carte et je fais demi-tour avant d’être désorienté.
Les traversées de rivières concernent surtout les itinéraires plus longs et le trajet routier. À pied, ne franchissez un cours d’eau que si vous êtes certain de pouvoir atteindre l’autre rive sans danger. Les rivières alimentées par la fonte peuvent monter rapidement, et le passage utilisé par un véhicule n’est pas forcément le meilleur endroit pour un marcheur.
Si une traversée est nécessaire, retirez les sangles ventrale et pectorale du sac afin de pouvoir vous en libérer en cas de chute. Utilisez des chaussures pouvant être mouillées, avancez avec prudence et demandez l’avis d’un ranger ou d’un gardien lorsque quelqu’un est présent. Une rivière froide et rapide n’est pas un simple ruisseau à franchir les chaussures aux pieds.
Le hors-piste est interdit dans la réserve. Restez sur les sentiers, utilisez les zones de camping prévues et rapportez vos déchets. Cette discipline protège une végétation très lente à se régénérer et évite que les traces de pas ne se multiplient dans les mousses et les sols volcaniques fragiles.
Préparer une excursion à la journée ou le Laugavegur
Pour une excursion à la journée, je conseille d’arriver tôt, surtout en période de forte fréquentation. Commencez par un itinéraire court comme Laugahraun, puis ajoutez Brennisteinsalda ou Bláhnúkur seulement si la météo et votre énergie le permettent. Cette organisation laisse une marge utile pour attendre une éclaircie ou modifier le parcours.
Landmannalaugar est aussi le point de départ du Laugavegur, le trek emblématique qui rejoint Þórsmörk. Il mesure environ 54 à 55 km et se parcourt généralement en quatre jours, avec des étapes dans les secteurs de Hrafntinnusker, Álftavatn et Emstrur selon l’organisation choisie.
Ce trek n’est pas une simple version longue d’une randonnée locale. Il faut réserver les refuges ou les emplacements de camping, porter ou planifier son ravitaillement et accepter que le froid, le vent ou la neige puissent modifier l’étape prévue. Les refuges sont pratiques, mais ils ne suppriment ni l’isolement ni la nécessité d’un équipement complet.
Pour une première expérience des hautes terres, une journée autour de Laugahraun et Brennisteinsalda est souvent plus judicieuse qu’un trek ambitieux mal préparé. Le paysage reste exceptionnel, tandis que l’engagement physique et logistique est beaucoup plus facile à maîtriser.
Le bon choix dépend surtout de votre marge de sécurité
Si vous disposez de deux à trois heures, choisissez Laugahraun et ajoutez éventuellement Brennisteinsalda. Avec une bonne condition physique et une météo stable, Bláhnúkur offre un panorama plus ample. Les marcheurs expérimentés peuvent réserver une journée entière à Ljótipollur ou Skallahringur.
Mon conseil le plus important tient en une phrase. Prévoyez toujours un itinéraire plus court que votre capacité maximale. À Landmannalaugar, la météo, le terrain et les pauses photo ralentissent facilement la progression, et la réussite d’une randonnée se mesure autant au retour serein qu’au sommet atteint.