Une étape du chemin de Stevenson peut sembler facile sur la carte, puis devenir exigeante après plusieurs heures de montée et de descente. Le dénivelé du GR70 ne se résume pas à un chiffre total : il faut regarder sa répartition, les étapes autour du mont Lozère et l’effet du sac à dos. Voici les données utiles pour mesurer l’effort, choisir son découpage et préparer une randonnée réaliste.
Les repères essentiels pour évaluer l’effort
- Environ 270 à 272 km relient généralement Le Puy-en-Velay à Alès.
- Le parcours représente autour de 6 100 m de dénivelé positif selon le découpage retenu.
- La journée la plus exigeante passe par le pic de Finiels, sur le mont Lozère.
- Le GR70 se parcourt habituellement en 12 à 14 jours.
- Les chiffres varient selon les variantes, les points de départ et les outils GPS.

Quel dénivelé prévoir sur l’ensemble du chemin de Stevenson
Le GR70 relie Le Puy-en-Velay à Saint-Jean-du-Gard, avec une extension fréquente jusqu’à Alès. Sur l’itinéraire complet, il faut compter environ 270 à 272 kilomètres et un dénivelé positif proche de 6 100 mètres. Certaines fiches annoncent davantage, parfois 7 000 mètres ou plus, car elles intègrent des variantes, des accès aux hébergements ou un tracé GPS différent.
Je conseille donc de ne pas s’accrocher à un chiffre unique. Pour préparer une étape, le dénivelé positif quotidien est beaucoup plus parlant que le cumul de toute la randonnée. Une journée à 650 mètres de montée peut être très abordable si elle est régulière, tandis que 450 mètres concentrés sur quelques kilomètres peuvent fatiguer rapidement.
Le parcours traverse quatre ambiances bien distinctes. Les plateaux du Velay offrent une succession de bosses, la Margeride ajoute des montées forestières, le mont Lozère concentre le relief le plus montagnard, puis les Cévennes alternent crêtes, vallées encaissées et descentes parfois longues. Cette progression explique pourquoi le corps a généralement le temps de s’adapter.
Les principales étapes et leurs montées
Le découpage traditionnel compte douze étapes jusqu’à Saint-Jean-du-Gard. Les distances et altitudes peuvent légèrement varier selon les éditions des topo-guides, mais le tableau suivant donne un ordre de grandeur utile pour organiser son effort.
| Étape | Distance | Dénivelé positif | Dénivelé négatif |
|---|---|---|---|
| Le Puy-en-Velay - Le Monastier-sur-Gazeille | 19 km | 550 m | 230 m |
| Le Monastier-sur-Gazeille - Le Bouchet-Saint-Nicolas | 24 km | 650 m | 350 m |
| Le Bouchet-Saint-Nicolas - Pradelles | 21 km | 250 m | 315 m |
| Pradelles - Le Cheylard-l’Évêque | 22 km | 390 m | 420 m |
| Le Cheylard-l’Évêque - La Bastide-Puylaurent | 27 km | 655 m | 760 m |
| La Bastide-Puylaurent - Chasseradès | 13 km | 350 m | 200 m |
| Chasseradès - Le Bleymard | 17 km | 610 m | 690 m |
| Le Bleymard - Pont-de-Montvert | 19 km | 820 m | 1 015 m |
| Pont-de-Montvert - Florac | 29 km | 690 m | 940 m |
| Florac - Cassagnas | 19 km | 340 m | 180 m |
| Cassagnas - Saint-Étienne-Vallée-Française | 24 km | 350 m | 450 m |
| Saint-Étienne-Vallée-Française - Saint-Jean-du-Gard | 13 km | 480 m | 600 m |
La donnée qui doit retenir l’attention est l’enchaînement entre Le Bleymard et Florac. La montée vers le pic de Finiels, suivie d’une descente importante vers le Pont-de-Montvert, sollicite fortement les cuisses et les genoux. Le lendemain, les quelque 29 kilomètres jusqu’à Florac prolongent l’effort, même si le paysage donne envie de prendre son temps.
L’extension de Saint-Jean-du-Gard à Alès ajoute environ 23 kilomètres, avec près de 850 mètres de montée selon le tracé utilisé. Elle peut être intéressante pour terminer officiellement à Alès, mais elle n’est pas indispensable si l’objectif est de suivre le parcours historique jusqu’à Saint-Jean-du-Gard.
Quelle est la partie la plus difficile du parcours
Le passage du mont Lozère
Le secteur le plus exigeant est généralement celui du mont Lozère. Le sentier atteint les environs du pic de Finiels, à près de 1 700 mètres d’altitude, avant de basculer vers le Pont-de-Montvert. Le problème ne vient pas seulement de la montée : la descente est longue, parfois irrégulière, et arrive à un moment où les jambes ont déjà beaucoup travaillé.
La météo peut aussi changer rapidement sur les hauteurs. Même en période estivale, le vent, les nuages bas et les températures fraîches rendent la progression moins confortable. Je prévois toujours une couche chaude et une protection contre la pluie dans cette section, même lorsque le départ s’effectue sous un soleil généreux.
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Les Cévennes demandent de la régularité
Après Florac, le relief paraît parfois moins spectaculaire, mais les vallées cévenoles imposent de nombreuses petites montées et descentes. Sur terrain schisteux ou caillouteux, ces variations répétées peuvent être plus fatigantes qu’une pente régulière. Le nombre de changements de rythme compte autant que le dénivelé affiché par la montre.
Les randonneurs sous-estiment souvent cette dernière partie parce qu’ils pensent avoir franchi le plus haut sommet. C’est une erreur classique. Une allure modérée, des pauses courtes et un sac bien réglé permettent de garder de l’énergie jusqu’à Saint-Jean-du-Gard.
Comment choisir un découpage adapté à son niveau
Le GR70 est accessible à un marcheur habitué aux randonnées à la journée, mais l’itinérance change la difficulté. Il faut répéter l’effort plusieurs jours, porter ses affaires et récupérer dans des hébergements qui ne garantissent pas toujours une nuit parfaite. Pour une première expérience, je privilégie des étapes de 15 à 22 kilomètres plutôt que de chercher à tenir le calendrier le plus court.
- Marcheur débutant en itinérance : prévoir 13 à 15 jours, avec une journée de repos possible autour du mont Lozère.
- Randonneur régulier : le format classique de 12 à 14 jours convient généralement, si le sac reste léger.
- Marcheur entraîné : un parcours en 10 ou 11 jours est envisageable, mais les étapes longues réduisent la marge en cas de météo défavorable.
Le découpage officiel n’est pas une obligation. L’association Sur le chemin de Robert Louis Stevenson indique que les villages traversés permettent de composer des étapes selon les capacités et le temps disponible. Une semaine peut ainsi être consacrée au tronçon entre Le Puy-en-Velay et Chasseradès, ou à la partie plus montagneuse entre Chasseradès et les Cévennes.
Pour sélectionner une étape, je regarde toujours trois éléments ensemble. La distance donne la durée de marche, le dénivelé positif mesure les montées, et le dénivelé négatif renseigne sur la charge imposée aux genoux. Cette lecture est bien plus fiable que la seule distance kilométrique.
Préparer son corps et son équipement au dénivelé
Un entraînement spécifique n’est pas nécessaire pour devenir alpiniste, mais il faut habituer les jambes à marcher plusieurs heures. Pendant les semaines précédentes, je recommande deux sorties hebdomadaires, dont une avec 400 à 700 mètres de dénivelé positif. Une sortie plus longue, effectuée avec le sac chargé, permet ensuite de vérifier les points sensibles.
Les bâtons sont particulièrement utiles sur le GR70. Ils soulagent les genoux dans les descentes, améliorent l’équilibre sur les chemins irréguliers et répartissent une partie de l’effort entre les bras et les jambes. Ils ne remplacent pas une bonne technique, mais leur gain de confort est réel, surtout dans les étapes du mont Lozère.
- Limiter le poids du sac à environ 10 à 12 % de son poids corporel lorsque la logistique le permet.
- Porter des chaussures déjà testées, avec une semelle adaptée aux terrains caillouteux.
- Emporter au moins 1,5 à 2 litres d’eau lorsque les points de ravitaillement sont espacés.
- Prévoir une marge de temps pour les pauses, les photos et les changements météo.
- Utiliser une trace récente ou un topo-guide, car les chiffres GPS peuvent différer du balisage.
Le matériel ne compense pas une étape trop ambitieuse. Si une douleur au genou apparaît dans une descente, je réduis immédiatement l’allure et je raccourcis la journée si possible. Continuer à tout prix peut transformer une simple fatigue en blessure et compromettre plusieurs jours de randonnée.
Ce que le dénivelé change réellement sur le terrain
Deux étapes affichant 600 mètres de montée ne se vivent pas de la même manière. Une pente progressive sur un bon chemin permet de conserver une allure régulière, alors qu’une succession de raidillons et de descentes casse le rythme. La nature du sol, la chaleur, l’altitude et le poids du sac modifient fortement la difficulté ressentie.
Pour estimer une journée, je compte en moyenne 250 à 300 mètres de montée par heure pour un marcheur régulier, sans inclure les pauses. Cette estimation reste volontairement prudente. Sur un terrain rocheux, humide ou très chaud, la vitesse peut baisser nettement.
Le bon indicateur n’est donc pas de savoir si le chemin est « facile » ou « difficile » en général. Il faut se demander si l’étape choisie correspond à sa condition physique du jour, à la météo et au niveau de récupération. C’est cette approche qui rend l’itinérance agréable et évite de transformer le GR70 en simple défi chronométré.
Un itinéraire exigeant sans être réservé aux sportifs
Le chemin de Stevenson présente un dénivelé modéré à soutenu, mais il ne demande pas les compétences techniques d’un itinéraire alpin. Le balisage, les villages-étapes et la progression graduelle en font une bonne traversée pour un randonneur préparé.
Pour profiter pleinement du parcours, je choisirais un découpage souple, un sac allégé et une attention particulière aux deux journées autour du mont Lozère. Le chiffre global donne une idée de l’ampleur du voyage, mais c’est la gestion quotidienne de l’effort qui fera la réussite de la randonnée.