Une sortie dans le Morvan peut être une promenade tranquille autour d’un lac, une traversée forestière exigeante ou une randonnée sur plusieurs jours. Je vous propose ici des itinéraires concrets, des repères de difficulté, le matériel utile et les précautions qui font réellement la différence sur ces chemins de moyenne montagne.
Le Morvan permet de choisir entre balade familiale, boucle sportive et itinérance
- Plus de 80 circuits balisés sont proposés entre forêts, lacs, tourbières et villages.
- Pour débuter, une boucle de 8 à 12 km offre généralement un bon équilibre.
- Le lac des Settons, Saint-Brisson, Gouloux et le Haut-Folin comptent parmi les secteurs les plus intéressants.
- Le terrain est rarement alpin, mais l’humidité, la boue et les dénivelés répétés peuvent fatiguer rapidement.
- Une carte hors ligne, de bonnes chaussures et une vérification de la météo sont indispensables.
Quel type de randonnée choisir dans le Morvan
Le Morvan est un massif de moyenne montagne. On n’y vient pas chercher de longues parois rocheuses, mais une succession de vallons, de chemins creux, de forêts, de rivières et de montées courtes qui finissent par compter. C’est précisément ce relief ondulé qui rend les itinéraires agréables, mais parfois plus exigeants qu’ils n’en ont l’air sur une carte.
Le Parc naturel régional du Morvan recense plus de 80 circuits de promenade et de randonnée, de la demi-journée à plusieurs jours. Deux grands itinéraires structurent le territoire, le GR 13 et le GR de Pays Tour du Morvan par les grands lacs. Pour une première découverte, je conseille pourtant de commencer par une boucle locale bien décrite plutôt que de se lancer immédiatement dans une traversée.
| Profil recherché | Format conseillé | Repères raisonnables |
|---|---|---|
| Balade familiale | Sentier nature ou petite boucle | 2 à 6 km, peu de dénivelé |
| Découverte classique | Boucle forestière ou autour d’un lac | 8 à 12 km, 2 h 30 à 4 h |
| Marcheur régulier | Circuit vallonné avec patrimoine | 12 à 18 km, 350 à 600 m de dénivelé |
| Itinérance | GR ou tour de plusieurs lacs | Étapes de 15 à 25 km selon le sac et l’hébergement |
La signalétique aide beaucoup, mais elle ne remplace pas une préparation minimale. Un balisage jaune correspond généralement aux petites randonnées, tandis que le rouge et blanc indique un itinéraire de grande randonnée. Il faut tout de même vérifier le sens de parcours, car certains circuits sont balisés dans une seule direction.

Des itinéraires qui valent vraiment le détour
La boucle du dolmen de Chevresse
Au départ de Saint-Brisson, cette boucle de 10,1 km demande environ trois heures et présente près de 260 m de dénivelé positif. Son intérêt vient de la variété du parcours, avec des prairies, des hameaux, une hêtraie, le dolmen de Chevresse et les abords de l’étang Taureau.
Je la trouve particulièrement adaptée à une première journée dans le secteur. Elle permet de découvrir l’ambiance du Morvan sans imposer une distance excessive, à condition d’accepter quelques passages humides et des chemins forestiers irréguliers.
Le tour du lac des Settons
Le chemin de ronde autour du lac des Settons totalise environ 14,5 km et 214 m de dénivelé positif. Les vues sur l’eau, les passages ombragés et les passerelles en bois en font une sortie agréable, mais la distance reste conséquente pour des enfants ou des marcheurs débutants.
Je recommande de prévoir 3 h 30 à 4 h 30 à pied, selon le rythme et les pauses. Le bord du lac peut donner une impression de facilité, alors que la longueur finit par peser dans les jambes. En période humide, les passerelles et les racines peuvent aussi devenir glissantes.
Le Saut de Gouloux et les tourbières
La boucle du Saut de Gouloux s’adresse à des marcheurs habitués aux sorties longues. Elle mesure environ 18,4 km, avec 510 m de dénivelé positif et un temps indicatif de cinq heures. La cascade, les chemins de la forêt de Breuil-Chenue, le dolmen et les milieux tourbeux donnent au parcours une vraie richesse.
Ce n’est pas la balade que je choisirais après une longue route en voiture. Il faut partir tôt, emporter suffisamment d’eau et conserver une marge horaire, car les portions boueuses ralentissent nettement la progression.
Le Haut-Folin et les sommets du Morvan
Avec ses 901 m, le Haut-Folin est le point culminant du massif. Le Mont Préneley atteint environ 856 m et le Mont Beuvray 821 m. Ces altitudes restent modestes, mais elles donnent accès à des ambiances plus montagnardes, surtout lorsque le brouillard, le vent ou la pluie s’en mêlent.
Le Mont Beuvray intéressera les personnes attirées par l’histoire et l’archéologie, tandis que le Haut-Folin convient davantage à celles qui recherchent la forêt et une sensation de hauteur. Dans les deux cas, je regarde le dénivelé et l’état du sol avant de me fier au seul nombre de kilomètres.
Les circuits autour des grands lacs
Le GR de Pays Tour du Morvan par les grands lacs relie les six principaux plans d’eau du massif, parmi lesquels les lacs de Settons, Pannecière, Chaumeçon, Crescent, Saint-Agnan et Chamboux. C’est une belle option pour une itinérance, à condition d’organiser sérieusement les étapes et les ravitaillements.
Pour un week-end, il est souvent plus malin de choisir deux boucles proches d’un même hébergement. On profite davantage des paysages et l’on évite de transformer le séjour en problème logistique avec des transferts quotidiens.
Comment évaluer la difficulté sans se tromper
La distance ne suffit pas à déterminer la difficulté. Un circuit de 12 km sur un chemin sec peut être plus facile qu’une boucle de 8 km traversant une forêt détrempée. Je prends toujours en compte le dénivelé, le type de sol, l’isolement et la météo prévue.
Dans le Morvan, les montées sont rarement très longues, mais elles se répètent. Les chemins agricoles peuvent être creusés par les engins, les sous-bois cachent des racines et les descentes deviennent délicates après plusieurs heures de pluie.
- Très facile signifie généralement une faible distance, un terrain aménagé et peu de pente.
- Intermédiaire suppose de bonnes chaussures et une habitude des chemins irréguliers.
- Difficile peut correspondre à une longue durée, à un dénivelé marqué ou à une orientation moins évidente.
Je conseille aux débutants de viser une allure de 3 à 4 km/h, pauses comprises pour une sortie vallonnée. Une personne qui marche vite sur route ne conservera pas forcément le même rythme en forêt. Ajouter 30 à 45 minutes de marge évite de finir dans la pénombre au moindre imprévu.
Préparer sa sortie avec le bon équipement
Les chaussures et les vêtements
Des chaussures de randonnée avec une semelle suffisamment crantée sont bien plus utiles que des chaussures légères de loisirs. Sur les itinéraires forestiers, je privilégie un modèle qui protège la cheville et évacue correctement l’humidité, surtout au printemps et en automne.
Le vêtement le plus important reste une veste imperméable respirante. Le temps change vite sur les hauteurs et une averse froide peut transformer une sortie confortable en moment pénible. Un système en trois couches, avec une couche chaude légère dans le sac, fonctionne bien toute l’année.
La navigation
Les traces GPX sont pratiques, mais je ne pars jamais avec un téléphone comme unique moyen d’orientation. Une batterie externe, une carte téléchargée hors connexion et, pour les longues sorties, une carte papier restent une combinaison fiable.
Avant de partir, je vérifie le point de départ, le stationnement, le sens du balisage et les éventuelles portions partagées avec un GR. Une capture d’écran du profil altimétrique peut aussi aider à repérer la montée principale et à mieux gérer son effort.
L’eau et le contenu du sac
Pour une demi-journée, je prévois en général 1,5 litre d’eau par personne, davantage par forte chaleur ou si le parcours est isolé. Les ruisseaux et les lacs ne doivent pas être considérés comme des points de ravitaillement sans traitement adapté.
- trousse de premiers soins compacte et couverture de survie
- téléphone chargé et batterie externe
- en-cas suffisamment énergétiques
- vêtement chaud et protection contre la pluie
- répulsif ou moyen de protection contre les tiques
- sac pour remporter tous les déchets
Le matériel n’a pas besoin d’être sophistiqué. Ce qui compte, c’est de pouvoir rester autonome pendant deux à trois heures de plus que prévu si le parcours est mal suivi ou si une blessure ralentit le groupe.
Randonnée en Morvan et sécurité sur le terrain
La principale erreur consiste à sous-estimer le massif parce que ses sommets ne dépassent pas 1 000 m. L’altitude est modérée, mais l’isolement, la pluie et la faible fréquentation de certains chemins exigent une vraie prudence.
Avant le départ
Je communique toujours le parcours prévu à une personne restée sur place, avec le point de départ et l’heure approximative de retour. Pour une sortie en groupe, le rythme doit être défini par la personne la moins expérimentée, pas par le marcheur le plus rapide.
Il faut aussi consulter la météo locale et renoncer à un sommet exposé si le vent ou les orages arrivent. En forêt, un itinéraire apparemment simple peut devenir désagréable très vite lorsque la visibilité baisse.
Sur les sentiers
Restez sur les chemins balisés dans les zones sensibles. Les tourbières sont des milieux fragiles et parfois dangereux pour les personnes qui s’écartent des passerelles. La Réserve naturelle régionale compte 12 sites tourbeux, dont certains sont aménagés pour la visite, mais cela ne signifie pas que toute la zone est accessible.
Les chiens doivent être tenus en laisse dans les espaces protégés, notamment pour ne pas déranger la faune. Je déconseille également de s’approcher des animaux d’élevage ou de traverser une pâture en courant, même lorsque les bêtes semblent calmes.
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Les erreurs qui reviennent le plus souvent
- partir avec une trace téléchargée sans vérifier qu’elle correspond au balisage sur place
- choisir un itinéraire uniquement à partir de sa distance
- prévoir trop peu d’eau parce que le parcours suit un lac
- porter des chaussures à semelles lisses sur un terrain humide
- quitter le sentier pour prendre un raccourci dans une tourbière ou une propriété privée
- attendre la tombée du jour pour chercher le bon chemin
Le bon réflexe est simple. Dès que l’on doute de la direction ou de l’état physique d’un membre du groupe, on s’arrête, on consulte la carte et on accepte de raccourcir la sortie. Une randonnée réussie n’est pas celle qui respecte coûte que coûte le tracé initial.
Choisir la bonne saison et organiser son séjour
Chaque saison donne un visage différent au Morvan. Le printemps met en valeur les ruisseaux et les sous-bois, mais les chemins sont souvent très humides. L’été offre des journées longues et des baignades possibles sur certains sites autorisés, avec une fréquentation plus forte autour des lacs.
L’automne est superbe pour les couleurs et les champignons, mais les journées raccourcissent et les chemins se couvrent de feuilles glissantes. En période de chasse, je consulte les affichages locaux et je respecte strictement les secteurs temporairement signalés.
L’hiver peut convenir aux marcheurs bien équipés. Le froid, le brouillard et le gel rendent toutefois les secteurs boisés plus exigeants. Je privilégie alors les boucles courtes proches d’un village plutôt qu’un itinéraire isolé sur les hauteurs.
Pour dormir, plusieurs stratégies sont possibles. Un hébergement fixe autour de Saint-Brisson, Montsauche-les-Settons, Lormes ou Saulieu facilite les sorties en étoile. Le bivouac demande, lui, de vérifier les règles locales et de ne jamais s’installer dans une zone protégée ou sur un terrain privé sans accord.
Les circuits pédestres balisés sont généralement accessibles gratuitement. Il faut simplement anticiper les frais éventuels de stationnement, de transport ou d’hébergement. Les sorties accompagnées par un professionnel apportent surtout une meilleure lecture du paysage, de la faune et du patrimoine, ce qui peut justifier leur coût pour une première découverte.
Bien profiter du Morvan sans laisser de traces
Je trouve que le charme du massif tient justement à son caractère discret. Les haies, les tourbières, les vieux chemins et les villages ne sont pas un décor construit pour le visiteur. Ils forment un milieu vivant qu’il faut parcourir avec retenue.
Restez sur les itinéraires, refermez les clôtures, ne prélevez ni plantes ni pierres et remportez vos déchets. Dans les secteurs fréquentés, partir tôt permet aussi de marcher plus tranquillement et de réduire la pression sur les parkings comme sur les sentiers.
Pour une première sortie, je choisirais une boucle de 10 à 14 km, avec un dénivelé inférieur à 350 m, puis j’augmenterais progressivement la durée. Le Morvan récompense davantage la curiosité et la régularité que la recherche de performance.
Le meilleur souvenir ne vient pas forcément du sommet le plus haut. Il peut naître d’un chemin bordé de pierres, d’une brume sur le lac ou d’une pause silencieuse près d’un étang. Avec une préparation simple, des chaussures adaptées et une allure raisonnable, les randonnées morvandelles offrent une expérience complète, accessible et étonnamment dépaysante.