Insolation en randonnée - que faire et quand appeler les secours

3 mai 2026

Soyez vigilants avec les enfants (insolation, déshydratation, ...). Que faire en cas de problème ? N'hésitez pas à renoncer.

Table des matières

Un mal de tête brutal, des nausées et une grande fatigue après plusieurs heures au soleil ne doivent pas être banalisés, surtout sur un sentier où l’ombre et l’eau peuvent manquer. Je détaille ici les gestes à faire immédiatement, les signes qui imposent d’appeler les secours et les erreurs à éviter pour qu’une sortie en montagne ne tourne pas à l’urgence.

Les bons réflexes peuvent limiter rapidement la gravité

  • Mettre à l’ombre et arrêter immédiatement l’effort.
  • Rafraîchir progressivement avec de l’eau, un linge humide ou une douche tiède.
  • Faire boire par petites gorgées, uniquement si la personne est consciente et avale normalement.
  • Appeler le 15 ou le 112 en cas de confusion, perte de connaissance, convulsions ou aggravation.
  • Ne jamais laisser seul un randonneur victime d’un malaise lié à la chaleur.

Insolation, que faire dans les premières minutes

La première décision est simple, mais elle doit être prise sans attendre. J’arrête l’activité, je conduis la personne dans un endroit ombragé, ventilé et aussi frais que possible, puis je desserre ou retire les vêtements superflus.

  1. Installer la personne au repos, assise ou allongée selon son état. Sur un terrain accidenté, je privilégie un endroit stable, éloigné du bord du sentier et protégé des chutes.
  2. Rafraîchir la tête, la nuque et le haut du corps avec de l’eau fraîche ou un linge humide. Une douche ou un bain tiède peut convenir à domicile. Je fais circuler l’air avec un éventail ou un ventilateur placé à distance.
  3. Proposer de l’eau par petites gorgées si la personne est parfaitement consciente, ne vomit pas et déglutit sans difficulté. Il ne faut jamais faire boire une personne confuse ou inconsciente.
  4. Surveiller l’évolution pendant le repos. Je vérifie régulièrement qu’elle répond correctement, respire normalement et que les symptômes diminuent.

Je déconseille de reprendre la marche dès que le mal de tête s’atténue. Le corps a besoin de récupérer, et une amélioration rapide peut être trompeuse. Une personne qui reste très faible, vomit ou ne récupère pas malgré le refroidissement doit obtenir un avis médical rapidement.

Reconnaître une insolation et repérer le coup de chaleur

L’insolation survient généralement après une exposition directe et prolongée de la tête au soleil. Le coup de chaleur est plus grave et peut apparaître avec ou sans soleil, notamment pendant un effort intense, une canicule ou dans un espace mal ventilé.

Situation Signes possibles Réaction à adopter
Insolation ou malaise lié au soleil Maux de tête importants, nausées, somnolence, vertiges, fatigue, soif, température élevée et parfois coup de soleil Repos à l’ombre, refroidissement progressif, hydratation si la personne est consciente, puis surveillance
Coup de chaleur Température très élevée, peau chaude, rouge ou sèche, confusion, comportement inhabituel, troubles de l’équilibre, vomissements, convulsions ou perte de connaissance Appel immédiat au 15 ou au 112, refroidissement continu et surveillance de la respiration

L’absence de transpiration n’est pas un critère suffisant pour évaluer la gravité. Une personne peut encore transpirer tout en étant en danger. Ce qui m’alerte surtout sur le terrain, c’est le changement de comportement, la difficulté à répondre à une question simple ou l’incapacité à marcher normalement.

Quand appeler le 15 ou le 112 sans attendre

Il ne faut pas essayer de régler seul un malaise qui présente des signes neurologiques. J’appelle les secours immédiatement si la personne est confuse, très somnolente, incohérente, désorientée ou si elle perd connaissance.

  • Convulsions ou comportement inhabituel.
  • Respiration difficile, rapide ou anormale.
  • Température corporelle très élevée, notamment autour de 40 °C lorsqu’elle a été mesurée.
  • Vomissements répétés ou impossibilité de boire.
  • Aggravation malgré la mise à l’ombre et le refroidissement.
  • Malaise chez un nourrisson, un jeune enfant, une personne âgée ou une personne atteinte d’une maladie chronique.

En France, le 15 permet de joindre le Samu et le 112 le numéro d’urgence européen. Pour faciliter l’intervention en montagne, je donne l’itinéraire exact, le nom du sentier, l’altitude approximative, le dernier point de passage et les coordonnées GPS si elles sont disponibles. Le 114 est prévu pour les personnes sourdes ou malentendantes.

En attendant les secours, je place une personne inconsciente qui respire normalement en position latérale de sécurité. Je ne lui donne ni eau, ni nourriture, ni médicament. Si elle ne respire pas normalement, je suis les instructions de l’opérateur et je commence les gestes de réanimation si cela m’est demandé.

Les erreurs qui aggravent parfois la situation

Continuer à marcher pour atteindre le refuge

C’est une erreur fréquente, surtout lorsque le groupe pense être proche de l’arrivée. Quelques centaines de mètres supplémentaires peuvent suffire à faire basculer un malaise vers un coup de chaleur sévère. Le groupe s’arrête, se met à l’abri et réévalue la situation au lieu de forcer.

Faire boire trop vite ou à une personne confuse

L’hydratation est utile uniquement si la personne est bien consciente et avale sans difficulté. Je privilégie de petites gorgées régulières plutôt qu’une grande quantité avalée d’un coup, qui peut déclencher des vomissements ou une fausse route.

Utiliser des médicaments sans avis

Je n’administre pas de paracétamol ou d’ibuprofène de ma propre initiative pour faire baisser la température après une exposition à la chaleur. Ces médicaments ne corrigent pas la cause du problème et peuvent être inadaptés, voire aggraver certains effets du coup de chaleur.

Refroidir de manière brutale

Le but est de faire baisser la température, pas de provoquer un choc thermique. L’eau fraîche, les linges humides et l’air en mouvement sont généralement plus faciles à utiliser que des glaçons directement appliqués sur la peau. En cas de signes graves, le refroidissement ne doit surtout pas retarder l’appel aux secours.

Lire aussi : Combien de temps dure une insolation ? Les bons réflexes

Laisser la personne seule

Une personne désorientée peut se relever, tomber ou sous-estimer son état. Même si elle affirme aller mieux, je garde quelqu’un auprès d’elle jusqu’à une récupération nette ou jusqu’à la prise en charge par un professionnel.

Prévenir le malaise sur les sentiers

La prévention commence avant le départ. En période chaude, je programme les randonnées tôt le matin ou en fin d’après-midi, j’évite les longues portions sans ombre aux heures les plus chaudes et je vérifie les prévisions ainsi que l’indice UV.

  • Boire régulièrement, sans attendre d’avoir très soif. Pour une sortie de plusieurs heures, je prévois au moins 1,5 litre par personne, davantage si l’itinéraire est exposé, l’effort soutenu ou les points d’eau absents.
  • Porter un chapeau à bord large, des lunettes adaptées et des vêtements légers couvrants.
  • Protéger particulièrement la nuque, les oreilles et le sommet du crâne, souvent oubliés sous le soleil.
  • Faire des pauses à l’ombre avant l’apparition des symptômes, et non lorsque la fatigue est déjà intense.
  • Adapter l’allure au membre du groupe le moins entraîné.
  • Prévoir une réserve d’eau, une couverture légère, un moyen de communication et une trousse de premiers secours.

Les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes prenant certains traitements sont plus vulnérables à la chaleur. Un traitement diurétique, une maladie cardiaque ou rénale, par exemple, justifie de demander conseil à un médecin ou à un pharmacien avant une randonnée exposée.

Je conseille aussi de repérer à l’avance les échappatoires de l’itinéraire. Un sentier qui permet de rejoindre rapidement une route, un hameau ou un point accessible aux secours offre une marge de sécurité bien plus utile qu’un simple kilométrage affiché sur une application.

Un malaise au soleil doit changer le programme

Après une insolation, la journée de randonnée est terminée. Même si la personne se sent mieux, elle doit rester au frais, boire progressivement et éviter tout nouvel effort ou toute exposition directe pendant le reste de la journée.

Si les symptômes persistent, réapparaissent ou concernent un enfant, une personne âgée ou une personne fragile, je demande un avis médical sans attendre. Sur un sentier comme à domicile, le bon réflexe tient en trois mots refroidir, surveiller, alerter dès que l’état dépasse un simple coup de fatigue.

Cet article a un caractère purement informatif et éducatif. Le contenu a été élaboré avec l'aide d'outils analytiques et linguistiques modernes (IA). Avant de prendre une décision, consultez un expert.

Questions fréquentes

Arrêtez l’effort et installez la personne à l’ombre, dans un endroit ventilé et stable. Desserrez ses vêtements, rafraîchissez progressivement sa tête, sa nuque et son haut du corps, puis proposez de petites gorgées d’eau uniquement si elle est consciente, ne vomit pas et avale normalement.

La confusion, la désorientation, un comportement inhabituel, des troubles de l’équilibre, des vomissements répétés, des convulsions ou une perte de connaissance sont des signes de gravité. Une température très élevée, notamment autour de 40 °C, ou une aggravation malgré le refroidissement impose également d’alerter les secours.

Appelez immédiatement si la personne est confuse, très somnolente, incohérente, inconsciente, respire anormalement, convulse, vomit de façon répétée ou ne peut pas boire. Donnez aux secours le nom du sentier, l’itinéraire, l’altitude, le dernier point de passage et les coordonnées GPS si elles sont disponibles.

Non. Ne faites jamais boire une personne confuse ou inconsciente, en raison du risque de fausse route, et ne lui donnez ni nourriture ni médicament. Le paracétamol et l’ibuprofène ne doivent pas être administrés de votre propre initiative pour traiter une température élevée liée à la chaleur.

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Éric Maurice

Éric Maurice

Je m'appelle Éric Maurice et c'est avec plaisir que je partage mes connaissances sur accompagnateur-en-moyenne-montagne.fr. Fort de 9 années d'expérience dans le domaine de la randonnée et de la vie en montagne, j'ai développé une passion pour la transmission des savoirs essentiels à une pratique sécurisée et enrichissante. Ce qui me motive, c'est de vous aider à mieux appréhender les spécificités de la moyenne montagne, que ce soit pour planifier vos sorties, comprendre les règles de sécurité, ou simplement pour découvrir la richesse de ces environnements. J'attache une grande importance à la clarté et à la précision des informations que je vous propose, en m'assurant qu'elles soient toujours fiables et accessibles, afin que chaque expérience en montagne soit une réussite.

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