Après plusieurs heures au soleil, une nausée accompagnée de maux de tête, de vertiges ou d’une grande fatigue ne doit pas être banalisée. Elle peut signaler une insolation, un épuisement lié à la chaleur ou, plus rarement mais plus gravement, un coup de chaleur. Voici comment réagir sur un sentier, reconnaître les signes d’alerte et éviter que la situation ne s’aggrave.
Les bons réflexes à retenir dès les premiers symptômes
- Quitter le soleil immédiatement et installer la personne dans un endroit frais et ventilé.
- Faire boire de petites gorgées d’eau seulement si elle est consciente et peut avaler.
- Refroidir progressivement le corps avec de l’eau fraîche, des vêtements desserrés et de l’air.
- Appeler le 15 ou le 112 en cas de confusion, perte de connaissance, convulsions ou température très élevée.
- En randonnée, ne jamais laisser la personne repartir seule parce qu’elle se sent momentanément mieux.

Pourquoi le soleil peut provoquer des nausées
L’exposition directe et prolongée de la tête et de la nuque au soleil peut perturber la régulation de la température corporelle. Les nausées apparaissent alors avec des céphalées, des étourdissements, une somnolence, une sensation de faiblesse ou parfois des vomissements. Une forte chaleur, l’effort physique et le manque d’eau peuvent accentuer rapidement le malaise.
En montagne, le risque est parfois sous-estimé. L’air peut sembler frais en altitude alors que le rayonnement solaire reste intense, notamment sur les crêtes, les pierriers ou les névés qui réfléchissent la lumière. J’ai tendance à me méfier davantage d’un itinéraire exposé sans ombre que d’une simple température annoncée, car l’effort et l’absence de ventilation comptent autant que la chaleur mesurée.
Selon l’Assurance Maladie, l’insolation peut associer maux de tête violents, somnolence, nausées, fièvre élevée et parfois perte de connaissance. Toutefois, une nausée après une randonnée n’est pas toujours due au soleil. Une hypoglycémie, le mal des montagnes, une gastro-entérite, un problème cardiaque ou une intoxication alimentaire peuvent produire des symptômes proches.
Insolation, épuisement et coup de chaleur ne se confondent pas
Ces termes sont souvent employés comme des synonymes, alors qu’ils ne recouvrent pas exactement la même situation. Pour décider rapidement, je regarde surtout l’état de conscience, la température et la capacité de la personne à boire.
| Situation | Signes fréquents | Réaction à adopter |
|---|---|---|
| Insolation | Maux de tête, nausées, somnolence, fièvre, peau parfois rougie ou brûlée | Mettre à l’ombre, refroidir et surveiller attentivement |
| Épuisement dû à la chaleur | Fatigue intense, sueurs abondantes, vertiges, crampes, nausées, soif | Arrêter l’effort, boire progressivement et rester au frais |
| Coup de chaleur | Confusion, comportement inhabituel, somnolence anormale, convulsions ou perte de connaissance, température très élevée | Urgence médicale : appeler immédiatement le 15 ou le 112 |
Une peau sèche n’est pas indispensable pour suspecter un coup de chaleur, pas plus que l’absence de transpiration ne permet de rassurer. Le signe le plus préoccupant reste une altération de la conscience. Une personne qui répond mal, tient des propos incohérents ou ne parvient plus à marcher normalement doit être considérée comme une urgence.
Que faire tout de suite quand la nausée apparaît
La première erreur consiste à vouloir terminer la montée ou à attendre le prochain refuge. Il faut interrompre l’effort dès les premiers signes et agir dans cet ordre.
- Mettre la personne à l’ombre, idéalement dans un lieu ventilé. À défaut, créez de l’ombre avec une couverture de survie, un vêtement ou un sac.
- L’installer assise ou allongée selon son état, puis desserrer les vêtements et retirer les couches inutiles.
- Rafraîchir la nuque, le visage et le corps avec de l’eau fraîche, un tissu humide ou une brumisation. Ventiler la peau aide à accélérer le refroidissement.
- Si elle est parfaitement consciente, lui proposer de petites gorgées régulières d’eau. Une boisson de réhydratation peut être utile après une forte sudation, mais elle ne remplace pas un avis médical.
- Rester avec elle et vérifier l’évolution des symptômes pendant au moins plusieurs dizaines de minutes. La reprise de l’activité est exclue le même jour si le malaise a été important.
Je déconseille de faire boire un grand volume d’un seul coup, car cela peut majorer les vomissements. Si la personne vomit, cessez temporairement de lui donner à boire, maintenez-la sur le côté si nécessaire et surveillez sa respiration.
À partir de quand faut-il appeler les secours
Appelez le 15 ou le 112 sans attendre si la personne présente une confusion, une perte de connaissance, des convulsions, une difficulté à respirer, une faiblesse extrême ou une température corporelle très élevée, proche de 40 °C. Le 18 peut également être composé en France lorsque la situation nécessite l’intervention des sapeurs-pompiers.
L’appel est aussi prudent en cas de vomissements répétés, d’impossibilité de boire, d’aggravation malgré le refroidissement ou de symptômes qui persistent. Les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes atteintes d’une maladie chronique sont plus vulnérables et justifient un seuil de vigilance plus bas.
En attendant les secours, continuez à refroidir la personne sans la brusquer. Ne donnez rien par la bouche à quelqu’un qui est confus, très somnolent ou inconscient, et ne lui administrez pas de médicament pour masquer la fièvre sans conseil médical. En cas d’inconscience, placez-la en position latérale de sécurité si elle respire normalement.
Comment éviter les nausées pendant une randonnée au soleil
La prévention commence avant le départ. Consultez la météo, repérez les passages sans ombre et partez tôt lorsque l’itinéraire comporte une longue portion exposée. En période de forte chaleur, je préfère raccourcir une sortie plutôt que compter sur une pause improvisée derrière un petit rocher.
- Portez un chapeau à bords larges ou une casquette couvrant correctement la tête et la nuque.
- Utilisez des vêtements légers, amples et respirants, ainsi que des lunettes filtrant les UV.
- Buvez régulièrement avant d’avoir soif, sans attendre l’apparition des premiers vertiges.
- Prévoyez suffisamment d’eau pour la durée réelle de la sortie, avec une marge en cas de retard.
- Faites des pauses à l’ombre et réduisez l’allure dès que la chaleur devient difficile à supporter.
- Évitez l’alcool avant et pendant la randonnée, car il favorise la déshydratation.
- Ne partez pas seul sur un itinéraire isolé et informez un proche du parcours prévu.
La crème solaire protège principalement la peau contre les rayons ultraviolets. Elle ne remplace ni le couvre-chef, ni l’ombre, ni l’hydratation. Même avec une protection solaire, la tête peut chauffer et l’organisme peut s’épuiser.
Le détail qui change tout sur un sentier exposé
Une personne nauséeuse après une exposition au soleil doit être traitée comme une personne malade, pas comme un randonneur simplement fatigué. Arrêter l’effort, refroidir, hydrater prudemment et surveiller sont les quatre décisions qui comptent le plus.
Si le doute persiste, mieux vaut appeler les secours et décrire précisément les symptômes, la température éventuelle, la durée d’exposition et la localisation. En montagne, donnez aussi le nom du sentier, l’altitude et les coordonnées GPS. Une intervention rapide devient beaucoup plus simple lorsque ces informations sont disponibles.