L’hiver exacerbe le caractère rude de la montagne. Sans possibilité de composer avec le milieu, les animaux sauvages subissent de plein fouet le froid, le vent, la neige et le manque de nourriture (les parties herbacées sont sèches et leur valeur nutritive est faible). Pour passer l’hiver (hiverner), la faune montagnarde s’est adaptée et a développé des techniques de survie que nous vous proposons de découvrir.

Changer de régime alimentaire

Certains animaux changent de régime alimentaire en hiver. Ainsi, l’aigle devient plus charognard, tandis que la mésange, insectivore en été, se contente souvent de baies et de graines qu’elle glane çà et là.

Hiberner

Pour un animal, l’hibernation consiste à dormir pendant plusieurs mois dans son terrier ou sa grotte. Grâce cette stratégie, marmottes, loirs ou hérissons réduisent au minimum leurs besoins en énergie. Une température corporelle d’à peine quelques degrés, des rythmes cardiaques et respiratoires divisés par 4 ou 5 : c’est ainsi que les réserves de graisse (accumulée à l’approche de la saison froide) suffisent à passer l’hiver sans s’alimenter ni se déplacer.

Reptiles, poissons et amphibiens, dont la température corporelle dépend de la température extérieure, passent l’hiver en hibernation enfouis sous terre ou dans la vase.

A noter que l’ours est un semi-hibernant. En effet, bien que sa fréquence cardiaque ralentisse, sa température corporelle reste relativement stable : il peut donc être facilement réveillé.

Migrer

L’hiver, certains animaux choisissent de changer temporairement de domaine vital afin de trouver de la nourriture. Ainsi, de nombreux oiseaux partent en migration vers le sud : c’est la migration horizontale.

Constituer des réserves de nourriture

Certains animaux, comme l’écureuil ou le cassenoix moucheté (un oiseau de la famille des corvidés) font des réserves de nourriture à l’automne qu’ils peuvent retrouver l’hiver, même sous la neige.

Muer

A la fin de l’automne, de nombreux animaux effectuent leur mue pour passer l’hiver.

Ainsi, les poils des mammifères (tel que le renard) sont plus denses, plus longs, pour emprisonner une plus grande quantité d’air (et donc conserver davantage de chaleur). Il en est de même pour les oiseaux dont le poids des plumes augmente de plus de moitié.

Certains animaux changent quant à eux de couleur pour mieux se confondre dans leur milieu et échapper à leurs prédateurs, économisant ainsi l’énergie nécessaire à la fuite.

Le lièvre variable, le lagopède alpin ou l’hermine deviennent ainsi (quasi) entièrement blanc pour mieux se camoufler dans la neige. Mais tous ne deviennent pas blancs : certains voient leurs poils se foncer, comme le cerf, le chevreuil ou le chamois.

S’enfouir

Pour contrer les températures hivernales, certains animaux choisissent de creuser pour s’enfouir. C’est le cas du tétras lyre qui creuse des igloos dans la neige poudreuse (pour gagner parfois plus de 20 °C par rapport à la température extérieure !) ou du campagnol qui circule dans des tunnels entre le sol et la neige.

L’hiver, l’homme peut, par sa présence, aggraver une situation et mettre en danger la vie des animaux sauvages (en obligeant, par exemple, un tétras lyre apeuré à fuir son igloo protecteur) : soyez donc vigilant ! ❄️💙🚶🏻‍♂️