Une route en lacets, un col discret à 1 302 mètres et, au bout, un panorama qui s’ouvre vers le Ventoux et les Alpes. Je vous propose ici les repères utiles pour préparer une randonnée au col de Perty, choisir le bon itinéraire vers la montagne de Chamouse, organiser l’accès et éviter les erreurs liées à la météo, au balisage ou au pastoralisme.
Les repères essentiels pour profiter du site
- Localisation : le col se trouve dans les Baronnies provençales, entre Montauban-sur-l’Ouvèze et Laborel.
- Altitude : 1 302 m, avec un départ pratique vers la montagne de Chamouse, à 1 532 m.
- Randonnée principale : environ 8,5 à 9,8 km, 3 à 3 h 30 et près de 400 m de dénivelé positif.
- Panorama : table d’orientation, mont Ventoux, Dévoluy et chaîne des Alpes par temps dégagé.
- Vigilance : le balisage peut être discret, les chiens sont déconseillés en zone pastorale et l’accès aux massifs peut être réglementé en été.

Un col panoramique au cœur des Baronnies provençales
Le col de Perty relie les vallées de l’Ouvèze et du Céans, dans le massif des Baronnies, à la limite de la Drôme et des Hautes-Alpes. Il se situe entre Montauban-sur-l’Ouvèze, côté ouest, et Laborel, côté est. La route départementale y arrive par une succession de virages qui donne déjà une idée du relief et de l’isolement du secteur.
À 1 302 mètres, ce n’est pas un sommet spectaculaire par son altitude, mais son intérêt vient de sa position dégagée. Depuis la table d’orientation, la vue porte notamment vers le mont Ventoux, le Dévoluy et les Alpes lorsque l’air est suffisamment limpide. Je trouve ce type de panorama particulièrement intéressant pour une courte sortie, car il récompense rapidement l’effort sans imposer une longue ascension.
Le col possède aussi une identité cycliste. Les deux versants présentent des montées régulières, avec environ 8,5 km depuis Laborel et une pente moyenne proche de 5,6 %, tandis que l’approche occidentale est plus longue. Pour les randonneurs, cela signifie surtout que la route reste fréquentée par des cyclistes et qu’il faut rester prudent sur les derniers kilomètres.
Quelle randonnée choisir depuis le col
La sortie la plus évidente consiste à rejoindre la montagne de Chamouse. Le départ se fait sur une piste située environ 200 mètres avant le col, où l’on trouve un espace de stationnement. L’itinéraire gagne progressivement un relais ou un pylône, puis rejoint les secteurs de crête avant de revenir par les alpages et la cabane Laugier.
| Itinéraire | Distance | Durée indicative | Dénivelé | Profil |
|---|---|---|---|---|
| Col vers Chamouse | 8,5 à 9,8 km | 3 à 3 h 30 | Environ 400 m | Facile à modéré, selon le terrain et l’orientation |
| Boucle vers l’Arsuc depuis Ruissas | Variable | Environ 6 h | Près de 750 m | Randonnée plus longue, réservée aux marcheurs entraînés |
Les chiffres peuvent varier selon le point de départ exact et les variantes suivies. Pour Chamouse, je conseille de prévoir une marge de 30 minutes, surtout si vous marchez avec des enfants ou si la visibilité réduit la vitesse de progression.
La montagne de Chamouse pour une première découverte
Cette boucle est la meilleure option pour découvrir le secteur sans transformer la journée en itinérance exigeante. Le terrain alterne pistes, sentes caillouteuses, pelouses d’altitude et passages de crête. Le sommet atteint 1 532 mètres et offre une lecture très ouverte des reliefs environnants.
La difficulté principale n’est pas technique. Elle tient plutôt à l’orientation, car certains traits jaunes sont peu visibles et la trace peut se perdre près de la cabane. Une carte papier ou une trace GPX téléchargée avant le départ est donc plus utile qu’une simple confiance dans le balisage.
L’Arsuc pour une journée plus engagée
La montagne de l’Arsuc permet de construire une randonnée plus longue, notamment depuis le hameau de Ruissas. Avec environ 750 mètres de dénivelé positif et six heures de marche, cette option demande une bonne endurance et une réelle habitude de la lecture du terrain.
La crête ne présente pas forcément de passage d’escalade, mais la sente peut devenir moins évidente dans les secteurs marqués par d’anciens incendies. Je ne la choisirais pas pour une sortie improvisée en fin d’après-midi, car une erreur d’orientation sur une crête isolée coûte vite beaucoup de temps.
Comment accéder au départ et organiser sa journée
Depuis la vallée de l’Ouvèze, il faut rejoindre Saint-Auban-sur-l’Ouvèze, puis suivre la direction de Montauban-sur-l’Ouvèze et du col par la D65. Depuis Montbrun-les-Bains, l’accès passe généralement par Saint-Auban avant de remonter vers le col. Côté est, Laborel constitue le point d’approche naturel par la vallée du Céans.
Le parking utilisé pour la randonnée de Chamouse se trouve à environ 200 mètres avant le col. L’espace peut se remplir les week-ends de beau temps. Je préfère arriver tôt, non seulement pour stationner plus facilement, mais aussi pour profiter d’une lumière plus nette sur les sommets et éviter les fortes chaleurs de l’après-midi.
Il n’y a pas de ravitaillement permanent au col. Prenez donc suffisamment d’eau et de nourriture depuis la vallée, car il serait imprudent de compter sur un point d’eau aménagé en chemin. Une réserve d’au moins 1,5 litre par personne me paraît raisonnable pour la boucle classique, davantage en période chaude.
Quel équipement prévoir pour une randonnée sûre
Le relief paraît doux depuis le parking, mais le terrain comporte des pierres, des lapiaz et des passages où la trace devient moins nette. Des chaussures avec une semelle accrocheuse sont plus adaptées que des chaussures de sport souples, surtout après la pluie ou lorsque les cailloux sont couverts de feuilles.
- une carte IGN du secteur, notamment la référence 3239 OT, ou une application avec la carte disponible hors ligne ;
- une veste coupe-vent, même en été, car la crête peut être exposée ;
- un téléphone chargé et une batterie externe ;
- une protection solaire, un chapeau et des lunettes ;
- une petite trousse de secours et une couverture de survie ;
- des bâtons si vous êtes sensible aux descentes caillouteuses.
La météo mérite une attention particulière. Un ciel dégagé dans la vallée ne garantit pas une bonne visibilité sur la crête, et le vent peut rendre la température nettement plus basse. Avant de partir, je vérifie toujours les prévisions locales, l’état des routes et la présence éventuelle de neige ou de verglas sur les portions ombragées.
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Les précautions liées aux troupeaux
Chamouse est un espace pastoral. Les chiens y sont fortement déconseillés, même tenus en laisse, car leur présence peut provoquer une réaction des chiens de protection ou perturber les troupeaux. Si vous rencontrez des animaux, contournez largement le troupeau, gardez vos distances et ne cherchez pas à attirer l’attention des chiens.
Entre le 1er juin et le 30 septembre, l’accès à certains massifs forestiers de la Drôme peut être limité selon le niveau de risque incendie. La réglementation ne concerne pas automatiquement chaque portion de l’itinéraire, mais elle doit être vérifiée le jour précédent et le matin du départ, car la carte d’accès évolue avec la météo.
Quand partir et que peut-on réellement attendre du panorama
Le printemps et l’automne offrent souvent le meilleur équilibre entre fraîcheur, visibilité et fréquentation. En été, la randonnée reste agréable si vous partez tôt, car une partie du parcours est ouverte et offre peu d’ombre. En hiver, la route et le sentier peuvent devenir glissants, et la table d’orientation n’est accessible que si les conditions de neige le permettent.
Le panorama dépend fortement de la qualité de l’air. Après un épisode venteux ou pluvieux, la vue peut s’étendre très loin, tandis qu’une journée chaude et brumeuse masque les Alpes. Il ne faut donc pas juger la sortie uniquement sur la promesse d’une vue lointaine. Les alpages, les crêtes et les paysages pastoraux donnent déjà beaucoup de caractère à la balade.
Pour une sortie photographique, le matin donne une lumière souvent plus douce et moins de contre-jour sur les reliefs. En fin de journée, les couleurs peuvent être magnifiques, mais je déconseille de s’attarder sans marge horaire suffisante, car le retour comporte des portions peu évidentes lorsque la luminosité baisse.
Les erreurs qui gâchent le plus souvent la sortie
La première consiste à confondre une randonnée facile avec une promenade sans préparation. Le dénivelé reste modéré, mais les 8 à 10 kilomètres de la boucle, le terrain irrégulier et l’absence de services exigent un minimum d’autonomie.
La deuxième est de suivre une trace GPS sans regarder le relief. Une application peut signaler une direction correcte tout en ignorant une clôture, une sente effacée ou un détour nécessaire autour d’un troupeau. Utilisez la trace comme une aide, pas comme un pilote automatique.
Enfin, beaucoup partent trop tard parce que le sommet semble proche du parking. Or les pauses, les photos et les hésitations d’orientation allongent rapidement la durée annoncée. Pour Chamouse, je recommande de conserver une heure de marge avant la nuit, même lorsque la randonnée est donnée pour trois heures.
Le bon réflexe avant de quitter la vallée
Le col de Perty convient très bien à une journée de randonnée panoramique dans les Baronnies, à condition de choisir un parcours adapté à son niveau. La boucle vers Chamouse offre le meilleur compromis entre effort, paysage et durée, tandis que l’Arsuc s’adresse à des marcheurs plus autonomes.
Avant de monter, vérifiez la météo, les restrictions liées au risque incendie, l’état de la route et les conditions pastorales. Avec une carte, de l’eau, des chaussures adaptées et un départ suffisamment matinal, ce col devient une excellente porte d’entrée vers les crêtes de la Drôme provençale.